Fleur Skrivan
Est-ce bien le bon moment pour procéder à une réforme de l'organisation locale de notre pays ?
La question se pose effectivement. On sait, et je fais partie de celles et ceux qui considèrent qu'une réforme est indispensable. Le rapport Mauroy, il y a quelques années avait formulé de nombreuses propositions. Des pistes existent, certaines font consensus à gauche et même entre la gauche et la droite (idée de collectivité chef de file, spécialisation de compétences, modification de mode de scrutin notamment pour les structures intercommunales...).
Mais, la période, aujourd'hui, est-elle propice à la réforme, surtout telle qu'envisagée par la droite sarkozienne, avec de nombreuses arrières-pensées politiciennes... ??? Faire cela, en pleine tourmente économique (le mot est faible...) apparaît bien peu opportun... sauf pour Sarkozy !
Cela devient maintenant une habitude de la part de "notre" Président de la République : trouver à chaque moment difficile une diversion possible. C'est le cas, en l'occurrence, comme dans d'autres domaines...Crise bancaire et financière d'un côté et proposition de réforme de modes de scrutin pour les régionales d'un autre...histoire de faire passer ça de manière inaperçue ou presque...
Rappelons-nous que si en 2007, Sarkozy avait fait mine de ne pas retenir les propositions du rapport Attali sur la réforme des collectivités locales, il ne
s’agissait, en fait, que d’un recul pour mieux revenir sur le sujet dès que possible.
C’est aujourd’hui chose faite, puisque que le Président a donné lors de son discours à Toulon (Ahlala, le fameux discours...) le ton de son ambition en la matière : “le moment est venu de
poser la question des échelons des collectivités locales, car le nombre et l’enchevêtrement des compétences est une source d’inefficacité et de dépenses supplémentaires.”
...certes, certes... Si le constat n’est guère contestable, l’affirmation sur le fait que le moment est le bon reste à prouver !
S’il est toujours opportun de lancer une réflexion, la période semble bien mal choisie pour administrer aux collectivités locales une réforme dont tout le monde pressent que
pour être utile elle devra être très profonde.
Et là, on se souvient d'autres réformes présidentielles récentes : la réforme de la carte judiciaire ou de celle des casernes.. dont l’impact considérable en termes d'aménagement du
territoire a été clairement sous-estimer...et "super" mal négociées...
On peut se poser la question suivante : la crise financière actuelle -mondiale et bien réelle- qui n'en est peut-être qu'à ses prémisses, ne sera-t-elle pas déjà assez lourde à porter pour que
l’on n’y rajoute une probable crise du tissu des collectivités locales dès lors que l’on tentera d’en détricoter la première maille ?
Un constat : si l’État a pu imposer certaines décisions à ses agents (sur lesquelles on pourra revenir), il devra composer avec les collectivités.
Ouvrir ce nouveau front, en tablant sur l’instauration d’un dialogue républicain avec des collectivités locales en majorité aux mains de la gauche, est une utopie...voire un
"foutage-de-gueule"
Le gouvernement réalisera vite que cette réforme ne pourra pas se faire au son du canon de la RGPP !
Affaire à suivre.
Désolée de vous dire que vos propos ne sont que procès d'intention...et du coup perdent toute pertinence...et vous m'aviez habituée à mieux.
Euhhh... c'est pas juste un peu politicien comme raisonnement ?
Pour ma part, je préfère penser que la réforme de l'organisation des collectivités locales est une urgence à la fois démocratique, sociale, économique et territoriale ; qu'elle doit etre engagée au plus vite ; et qu'il faut, avant de donner un avis a priori, attendre de voir le contenu du projet avant de se décider sur son bien-fondé.
Que vous ayez des inquiétudes sur les idées de la majorité présidentielle en la matière est une chose normale... du reste, il n'y a évidemment pas que les socialistes qui les partagent. J'ajouterais simplement que j'ai également des inquiétudes sur les idées de certains candidats bien placés pour devenir 1er secrétaire du PS à la fin de l'année... mais passons.
Pour autant, faisons de la politique sérieusement. On ne va pas faire comme d'habitude, cad reporter des réformes urgentes en attendant un contexte politique favorable à son propre camp. C'est la meilleure manière pour ne jamais réformer, et en tout cas, pour mal réformer.
Ce qui me semblerait plus pertinent, c'est que vous nous fassiez un post qui expose de manière cohérente la vision que vous défendez de l'organisation de nos collectivités locales (quels institutions, quelles compétences, quelles mécanismes démocratiques, quels financements, quels impacts sur le Sénat, quelle articulation avec la politique communautaire...).
Vous ne pouvez pas toujours vous contenter de dire que la droite, c nul par principe, et que la gauche, c super par principe, sans jamais donner du fond à votre position...